Les herbes 2016

Les Herbes 24 épreuves argentiques. 76 cm X 28 cm chacunes
Les Herbes 24 épreuves argentiques. 76 cm X 28 cm chacunes
Les Herbes 24 épreuves argentiques. 76 cm X 28 cm chacunes
Les Herbes 24 épreuves argentiques. 76 cm X 28 cm chacunes
Les Herbes 24 épreuves argentiques. 76 cm X 28 cm chacunes
Les Herbes
Les Herbes Vue d'ensemble, Musée d'art de Joliette
Les Herbes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
Les Herbes Vue d'ensemble, Musée d'art de Joliette
Les Herbes Vue partielle, Musée d'art de Joliette
1/10
Série de 24 images argentiques

Cette série, qui est la première de la Suite cinétique, est en quelque sorte un portrait du vent et du ciel. J’ai volontairement renversé les images à la verticale pour accentuer l’effet de vertige et pour provoquer la perte de repère. J’ai conservé le défilement temporel de la séquence intacte. Les quelques secondes de prise de vues montrées ici alimentent un possible film en continu qui se joue dans la tête du spectateur.

La série la plus récente de Yan Giguère Les herbes se distingue de son travail antérieur à plusieurs égards. Si au cours des années 2000, l’artiste a travaillé sur trois séries majeures se déployant dans le temps long et caractérisées par l’extraordinaire quantité d’images installées en constellation, la série Les herbes adopte un dispositif radicalement opposé. En effet, elle présente une régularité, une simplicité et une unité du point de vue du format des images, de l’accrochage strictement linéaire et horizontal, du sujet du paysage, de la temporalité fugitive et de l’absence de la figure humaine.

Cette œuvre minimaliste et contemplative se présente à première vue comme une séquence de film qui montre un plan de brin d’herbes sur un fond de ciel. La référence au cinéma se confirme dès lors que nous comprenons qu’elle est constituée de 24 images. Cette quantité, une fois animé correspond, dans le 7e, art, à la durée d’une seconde. L’unité de mesure image-seconde nous ramène dans une dynamique spatio-temporel courte et d’une extrême fugacité ancrée dans un présent à peine saisissable, si ce n’est que par le dispositif photographique. De manière remarquable, la référence au cinéma dans cette série, présente un temps qui se recroqueville sur lui-même. Elle nous ramène dans un ici-maintenant n’existant déjà plus. Or, il ne s’agit pas d’une véritable séquence filmique puisque la lecture des originaux devrait s’effectuer à l’horizontal. Les photographies basculées à la verticale ont pour effet de déconstruire la narrativité de la séquence. Ces ruptures temporelles redonnent à chacune des images leur singularité, sans pour autant en soustraire le moment, la durée.

Marie-Claude Landry, conservatrice de l'art contemporain